XII.27 BELPHÉGOR
Jean de La Fontaine - Fables
Nouvelle tirée de Machiavel
Un jour Satan, monarque des Enfers,
Faisait passer ses sujets en revue.
Là, confondus tous les états divers,
Princes et Rois, et la tourbe menue,
Jetaient maint pleur, poussaient maint et maint cri,
Tant que Satan en était étourdi.
Il demandait en passant à chaque âme :
« Qui t’a jetée en l’éternelle flamme ? »
L’une disait : « Hélas ! c’est mon mari » ; L’autre aussitôt répondait : « C’est ma femme ».
Tant et tant fut ce discours répété,
Qu’enfin Satan dit en plein consistoire :
« Si ces gens-ci disent la vérité I
l est aisé d’augmenter notre gloire.
Nous n’avons donc qu’à le vérifier.
Pour cet effet, il nous faut envoyer
Quelque démon plein d’art et de prudence Qui, non content d’observer avec soin
Tous les hymens dont il sera témoin,
Y joigne aussi sa propre expérience. »
Le Prince ayant proposé sa sentence,
Le noir Sénat suivit tout d’une voix.
De Belphégor aussitôt on fit choix.
Ce diable était tout yeux et tout oreilles, Grand éplucheur, clairvoyant à merveilles, Capable enfin de pénétrer dans tout,
Et de pousser l’examen jusqu’au bout.
Pour subvenir aux frais de l’entreprise,
On lui donna mainte et mainte remise, Toutes à vue, et qu’en lieux différents
Il pût toucher par des correspondants.
Quant au surplus, les fortunes humaines,
Les biens, les maux, les plaisirs et les peines, Bref, ce qui suit notre condition,
Fut une annexe à sa légation.
Il se pouvait tirer d’affliction,
Par ses bons tours et par son industrie,
Mais non mourir, ni revoir sa patrie,
Qu’il n’eût ici consumé certain temps :
Sa mission devait durer dix ans.
Le voilà donc qui traverse et qui passe
Ce que le Ciel voulut mettre d’espace
Entre ce monde et l’éternelle nuit ;
Il n’en mit guère, un moment y conduit. Notre démon s’établit à Florence,
Ville pour lors de luxe et de dépense.
Même il la crut propre pour le trafic.
Là, sous le nom du seigneur Roderic,
Il se logea, meubla, comme un riche homme, Grosse maison, grand train, nombre de gens, Anticipant tous les jours sur la somme
Qu’il ne devait consumer qu’en dix ans.
On s’étonnait d’une telle bombance.
Il tenait table, avait de tous côtés
Gens à ses frais, soit pour ses voluptés,
Soit pour le faste et la magnificence.
L’un des plaisirs où plus il dépensa
Fut la louange : Apollon l’encensa,
Car il est maître en l’art de flatterie.
Diable n’eut onc tant d’honneurs en sa vie. Son cœur devint le but de tous les traits Qu’Amour lançait : il n’était point de belle Qui n’employât ce qu’elle avait d’attraits Pour le gagner, tant sauvage fût-elle :
Car de trouver une seule rebelle,
Ce n’est la mode à gens de qui la main
Par les présents s’aplanit tout chemin.
C’est un ressort en tous desseins utile.
Je l’ai jà dit et le redis encor ;
Je ne connais d’autre premier mobile
Dans l’univers que l’argent et que l’or.
Notre envoyé cependant tenait compte
De chaque hymen, en journaux différents ; L’un, des époux satisfaits et contents,
Si peu rempli que le diable en eut honte. L’autre journal incontinent fut plein.
À Belphégor il ne restait enfin
Que d’éprouver la chose par lui-même. Certaine fille à Florence était lors ;
Belle, et bien faite, et peu d’autres trésors ; Noble d’ailleurs, mais d’un orgueil extrême ; Et d’autant plus que de quelque vertu
Un tel orgueil paraissait revêtu.
Pour Roderic on en fit la demande.
Le Père dit que Madame Honnesta,
C’était son nom, avait eu jusque-là
Force partis ; mais que parmi la bande
Il pourrait bien Roderic préférer,
Et demandait temps pour délibérer.
On en convient. Le poursuivant s’applique
À gagner celle où ses vœux s’adressaient. Fêtes et bals, sérénades, musique,
Cadeaux, festins, bien fort appétissaient, Altéraient fort le fonds de l’ambassade.
Il n’y plaint rien, en use en grand Seigneur, S’épuise en dons : l’autre se persuade Qu’elle lui fait encor beaucoup d’honneur. Conclusion, qu’après force prières,
Et des façons de toutes les manières,
Il eut un oui de Madame Honnesta. Auparavant le notaire y passa :
Dont Belphégor se moquant en son âme :
« Hé quoi, dit-il, on acquiert une femme Comme un château ! Ces gens ont tout gâté. »
Il eut raison : ôtez d’entre les hommes
La simple foi, le meilleur est ôté.
Nous nous jetons, pauvres gens que nous sommes,
Dans les procès en prenant le revers.
Les si, les cas, les contrats sont la porte
Par où la noise entra dans l’univers : N’espérons pas que jamais elle en sorte. Solennités et lois n’empêchent pas
Qu’avec l’hymen amour n’ait des débats. C’est le cœur seul qui peut rendre tranquille. Le cœur fait tout, le reste est inutile.
Qu’ainsi ne soit, voyons d’autres états.
Chez les amis tout s’excuse, tout passe ; Chez les amants tout plaît, tout est parfait ; Chez les époux tout ennuie et tout lasse.
Le devoir nuit : chacun est ainsi fait.
Mais, dira-t-on, n’est-il en nulles guises D’heureux ménage ? Après mûr examen,
J’appelle un bon, voire un parfait hymen, Quand les conjoints se souffrent leurs sottises.
Sur ce point-là c’est assez raisonné.
Dès que chez lui le diable eut amené
Son épousée, il jugea par lui-même
Ce qu’est l’hymen avec un tel démon : Toujours débats, toujours quelque sermon Plein de sottise en un degré suprême.
Le bruit fut tel que Madame Honnesta
Plus d’une fois les voisins éveilla ;
Plus d’une fois on courut à la noise :
« Il lui fallait quelque simple bourgeoise,
Ce disait-elle : un petit trafiquant
Traiter ainsi les filles de mon rang !
Méritait-il femme si vertueuse ?
Sur mon devoir je suis trop scrupuleuse :
J’en ai regret, et si je faisais bien... »
Il n’est pas sûr qu’Honnesta ne fît rien :
Ces prudes-là nous en font bien accroire. Nos deux époux, à ce que dit l’histoire,
Sans disputer n’étaient pas un moment. Souvent leur guerre avait pour fondement L
e jeu, la jupe ou quelque ameublement, D’été, d’hiver, d’entre-temps, bref un monde D’inventions propres à tout gâter.
Le pauvre diable eut lieu de regretter
De l’autre enfer la demeure profonde.
Pour comble enfin Roderic épousa
La parenté de Madame Honnesta,
Ayant sans cesse et le père, et la mère,
Et la grand’sœur avec le petit frère ;
De ses deniers mariant la grand’sœur,
Et du petit payant le précepteur.
Je n’ai pas dit la principale cause
De sa ruine, infaillible accident ;
Et j’oubliais qu’il eut un intendant.
Un intendant ? qu’est-ce que cette chose ? Je définis cet être, un animal
Qui, comme on dit, sait pêcher en eau trouble,
Et plus le bien de son maître va mal,
Plus le sien croît, plus son profit redouble, Tant qu’aisément lui-même achèterait
Ce qui de net au seigneur resterait :
Dont par raison bien et dûment déduite
On pourrait voir chaque chose réduite
En son état, s’il arrivait qu’un jour L
’autre devînt l’intendant à son tour,
Car regagnant ce qu’il eut étant maître,
Ils reprendraient tous deux leur premier être. Le seul recours du pauvre Roderic,
Son seul espoir, était certain trafic
Qu’il prétendait devoir remplir sa bourse, Espoir douteux, incertaine ressource.
Il était dit que tout serait fatal
À notre époux, ainsi tout alla mal.
Ses agents, tels que la plupart des nôtres,
En abusaient : il perdit un vaisseau,
Et vit aller le commerce à vau-l’eau, Trompé des uns, mal servi par les autres.
Il emprunta. Quand ce vint à payer,
Et qu’à sa porte il vit le créancier,
Force lui fut d’esquiver par la fuite,
Gagnant les champs, où de l’âpre poursuite
Il se sauva chez un certain fermier,
En certain coin remparé de fumier.
À Matheo, c’était le nom du sire,
Sans tant tourner il dit ce qu’il était ;
Qu’un double mal chez lui le tourmentait, Ses créanciers et sa femme encor pire ;
Qu’il n’y savait remède que d’entrer
Au corps des gens, et de s’y remparer,
D’y tenir bon : irait-on là le prendre ?
Dame Honnesta viendrait-elle y prôner Qu’elle a regret de se bien gouverner ? Chose ennuyeuse et qu’il est las d’entendre. Que de ces corps trois fois il sortirait
Sitôt que lui Matheo l’en prierait ;
Trois fois sans plus, et ce pour récompense De l’avoir mis à couvert des sergents.
Tout aussitôt l’ambassadeur commence
Avec grand bruit d’entrer au corps des gens. Ce que le sien, ouvrage fantastique,
Devint alors, l’histoire n’en dit rien.
Son coup d’essai fut une fille unique
Où le galant se trouvait assez bien ;
Mais Matheo moyennant grosse somme
L’en fit sortir au premier mot qu’il dit.
C’était à Naple, il se transporte à Rome ; Saisit un corps : Matheo l’en bannit,
Le chasse encore : autre somme nouvelle. Trois fois enfin, toujours d’un corps femelle,
Remarquez bien, notre diable sortit.
Le Roi de Naple avait lors une fille,
Honneur du sexe, espoir de sa famille ;
Maint jeune prince était son poursuivant.
Là d’Honnesta Belphégor se sauvant,
On ne le put tirer de cet asile.
Il n’était bruit aux champs comme à la ville Que d’un manant qui chassait les esprits. Cent mille écus d’abord lui sont promis.
Bien affligé de manquer cette somme
(Car ces trois fois l’empêchaient d’espérer Que Belphégor se laissât conjurer) I
l la refuse : il se dit un pauvre homme,
Pauvre pécheur, qui sans savoir comment, Sans dons du Ciel, par hasard seulement,
De quelques corps a chassé quelque diable, Apparemment chétif, et misérable,
Et ne connaît celui-ci nullement.
Il a beau dire ; on le force, on l’amène,
On le menace, on lui dit que sous peine D’être pendu, d’être mis haut et court
En un gibet, il faut que sa puissance
Se manifeste avant la fin du jour.
Dès l’heure même on vous met en présence Notre démon et son conjurateur.
D’un tel combat le Prince est spectateur.
Chacun y court ; n’est fils de bonne mère
Qui pour le voir ne quitte toute affaire.
D’un côté sont le gibet et la hart,
Cent mille écus bien comptés d’autre part. Matheo tremble, et lorgne la finance.
L’esprit malin voyant sa contenance,
Riait sous cape, alléguait les trois fois,
Dont Matheo suait en son harnois,
Pressait, priait, conjurait avec larmes.
Le tout en vain : Plus il est en alarmes,
Plus l’autre rit. Enfin le manant dit
Que sur ce diable il n’avait nul crédit.
On vous le happe, et mène à la potence. Comme il allait haranguer l’assistance, Nécessité lui suggéra ce tour :
Il dit tout bas qu’on battît le tambour,
Ce qui fut fait ; de quoi l’esprit immonde
Un peu surpris au manant demanda :
« Pourquoi ce bruit ? coquin, qu’entends-je là ? »
L’autre répond : « C’est Madame Honnesta Qui vous réclame, et va par tout le monde Cherchant l’époux que le Ciel lui donna. » Incontinent le diable décampa,
S’enfuit au fond des Enfers, et conta
Tout le succès qu’avait eu son voyage :
« Sire, dit-il, le nœud du mariage
Damne aussi dru qu’aucuns autres états. Votre Grandeur voit tomber ici-bas,
Non par flocons, mais menu comme pluie, Ceux que l’hymen fait de sa confrérie :
J’ai par moi-même examiné le cas.
Non que de soi la chose ne soit bonne :
Elle eut jadis un plus heureux destin ;
Mais comment tout se corrompt à la fin,
Plus beau fleuron n’est en votre couronne. » Satan le crut : il fut récompensé,
Encor qu’il eût son retour avancé ;
Car qu’eût-il fait ? Ce n’était pas merveilles Qu’ayant sans cesse un diable à ses oreilles, Toujours le même, et toujours sur un ton,
Il fut contraint d’enfiler la venelle ;
Dans les Enfers, encore en change-t-on ; L’autre peine est à mon sens plus cruelle.
Je voudrais voir quelque saint y durer.
Elle eût à Job fait tourner la cervelle.
De tout ceci que prétends-je inférer ? Premièrement je ne sais pire chose
Que de changer son logis en prison ;
En second lieu, si par quelque raison
Votre ascendant à l’hymen vous expose, N’épousez point d’Honnesta s’il se peut ;
N’a pas pourtant une Honnesta qui veut.
XII.27 BELPHEGOR
Jean de La Fontaine - Fables
New Tale Taken from Machiavelli
One day Satan, monarch of the Inferno,
Was reviewing his subjects.
There, all the diverse estates, confused,
Princes and Kings, and the common rabble,
Shed many tears and uttered many cries,
So much so that Satan was bewildered.
As he passed by each soul, he asked,
"Who cast you into eternal flames?"
One would say, "Alas! It's my husband";
Another would immediately respond, "It's my wife."
So often was this discourse repeated
That finally Satan said in a full assembly,
"If these people speak the truth,
It is easy to increase our glory.
We only need to verify it.
For this purpose, we must send
A demon full of art and prudence
Who, not content with carefully observing
All the marriages he witnesses,
Shall also add his own experience."
The Prince having proposed his sentence,
The dark Senate unanimously agreed.
Belphegor was immediately chosen.
This devil had sharp eyes and ears,
A great scrutinizer, marvelously perceptive,
Capable, in the end, of penetrating everything
And pushing the examination to its conclusion.
To cover the expenses of the mission,
He was granted many and many a delay,
All in sight, and in different places,
So that he could touch them through correspondents.
As for the rest, human fortunes,
The goods, the evils, the pleasures and pains,
In short, what follows our condition,
Were an annex to his delegation.
He could escape affliction
Through his tricks and his cunning,
But he could not die or see his homeland again
Until he had spent a certain amount of time here:
His mission was to last ten years.
So he set off and crossed over,
What Heaven wanted to place as a space
Between this world and eternal night;
He did not take much time, one moment led him.
Our demon settled in Florence,
A city then of luxury and expense.
He even believed it suitable for his dealings.
There, under the name of Lord Roderic,
He lodged himself, furnished like a rich man,
A grand house, a large retinue, numerous people,
Anticipating every day the sum
He was only supposed to spend in ten years.
People were astonished by such revelry.
He held feasts, had people on all sides,
At his expense, whether for his pleasures
Or for ostentation and magnificence.
One of the pleasures in which he spent the most
Was flattery: Apollo praised him,
For he is a master in the art of flattery.
The Devil had never received so many honors in his life.
His heart became the target of all the arrows
That Love launched: there was no beauty
That did not employ all her charms
To win him over, no matter how wild she was:
For finding a single rebel,
It is not the fashion among people
Whose hands smooth all paths with gifts.
It is a useful spring in all designs.
I have already said it and I say it again;
I know no other prime mover
In the universe than money and gold.
Meanwhile, our envoy kept track
Of every marriage, in different journals;
One, of satisfied and contented spouses,
So poorly filled that even the Devil was ashamed.
The other journal was immediately full.
Finally, there was only one thing left for Belphegor to do:
To experience it for himself.
A certain girl in Florence was there;
Beautiful, well-formed, and with few other treasures;
Noble besides, but with extreme pride;
And even more so because some virtue
Such pride seemed to be adorned with.
They made the request for Roderic.
The Father said that Madame Honnesta,
That was her name, had had until then
Many suitors, but among the group
He might well prefer Roderic,
And asked for time to deliberate.
They agreed. The pursuer applied himself
To win the one to whom his wishes were directed.
Parties and balls, serenades, music,
Gifts, feasts greatly stimulated,
Depleted greatly the embassy's funds.
He did not complain, used them as a great Lord,
Exhausted himself in gifts: the other convinced himself
That she still honored him greatly.
In conclusion, after many prayers,
And all kinds of gestures,
He obtained a yes from Madame Honnesta.
Beforehand, the notary went there:
Which Belphegor mocked in his soul:
"Hey, what," he said, "one acquires a woman
Like a castle! These people have ruined everything."
He was right: remove from among men
Simple faith, and the best is removed.
We, poor people that we are, throw ourselves
Into lawsuits, taking the reverse.
The ifs, the cases, the contracts are the door
Through which quarrels entered the world:
Let us not hope that they will ever leave.
Ceremonies and laws do not prevent
That with marriage, love has disputes.
Only the heart can bring tranquility.
The heart does everything, the rest is useless.
If it were not so, let us look at other states.
With friends, everything is excused, everything passes;
With lovers, everything pleases, everything is perfect;
With spouses, everything bores and everything tires.
Duty harms: everyone is made this way.
But, one might say, are there no ways
For a happy marriage? After careful examination,
I call a good, even a perfect marriage,
When spouses tolerate each other's foolishness.
On this point, it is quite reasonable.
As soon as the devil brought
his bride home, he judged for himself
what marriage is like with such a demon:
Always arguments, always some sermon
full of foolishness to the extreme.
The noise was such that Madame Honnesta
woke up the neighbors more than once;
more than once they rushed to the commotion:
"She needed some simple bourgeois,
she said: a little merchant
treating girls of my rank like this!
Does he deserve such a virtuous wife?
I am too scrupulous about my duty:
I regret it, and what if I did the right thing..."
It is not certain that Honnesta did nothing:
These prudes make us believe a lot.
According to the story, our two spouses
were not a moment without quarreling.
Often their war was based on
gambling, skirts, or some piece of furniture,
whether for summer, winter, or in-between,
a world of inventions to spoil everything.
The poor devil had reason to regret
the deep dwelling of the other hell.
To top it off, Roderic married
Madame Honnesta's relatives,
constantly dealing with the father, the mother,
the elder sister, and the younger brother,
marrying the elder sister with his own money,
and paying the tutor for the younger one.
I have not mentioned the main cause
of his ruin, an inevitable accident;
and I forgot that he had a steward.
A steward? What is this thing?
I define this being as an animal
who, as they say, knows how to fish in troubled waters,
and the worse his master's fortune,
the more his own grows, his profit doubles,
to the point where he could easily buy
what would remain clear to the lord,
thus, reasonably and duly deduced,
one could see everything reduced
to its state, if it happened one day
that the other became the steward in turn,
because by regaining what he had as the master,
both would return to their original state.
The poor Roderic's only recourse,
his only hope, was a certain trade
that he claimed would fill his purse,
a doubtful hope, an uncertain resource.
It was destined that everything would be fatal
to our husband, so everything went wrong.
His agents, like most of ours,
took advantage of him: he lost a ship,
and saw his business go downhill,
deceived by some, poorly served by others.
He borrowed. When it came time to pay,
and he saw the creditor at his door,
he had to evade by fleeing,
running to the fields, where from the fierce pursuit
he escaped to a certain farmer,
in a certain corner fortified with manure.
2 / 2
To Matteo, that was the sire's name,
Without much ado, he revealed who he was;
That a double evil tormented him,
His creditors and his even worse wife;
That he knew no remedy but to enter
People's bodies and fortify himself within,
To hold his ground: would they come to take him there?
Lady Honnesta would she come to proclaim
That she regrets governing herself well? A tiresome matter and one he is tired of hearing.
That he would come out of these bodies three times,
As soon as Matteo would ask him to;
Three times, no more, as a reward
For having protected him from the sergeants.
Immediately, the ambassador begins,
With great noise, to enter people's bodies.
What happened to his, this fantastic creation,
The story does not tell.
His first attempt was a unique girl
Where the gallant found himself quite well;
But Matteo, for a large sum of money,
Made her leave at the first word he said.
It was in Naples, he went to Rome;
He seized a body: Matteo banished him,
He drove him out again: another new sum.
Finally, three times, always from a female body,
Notice well, our devil came out.
The King of Naples had a daughter at that time,
The honor of her sex, the hope of her family;
Many young princes pursued her.
There, with Honnesta, Belphegor took refuge,
They couldn't draw him out of that asylum.
In the countryside as well as in the city, the rumor spread
Of a peasant who was chasing spirits.
A hundred thousand ecus were promised to him at first.
Very distressed to miss out on this sum
(For these three times prevented him from hoping
That Belphegor would allow himself to be conjured),
He refuses it: he considers himself a poor man,
A poor sinner who, without knowing how,
Without gifts from Heaven, by mere chance,
Has driven out some devil from a few bodies,
Apparently feeble and miserable,
And does not know this one at all.
He can say whatever he wants; they force him, they bring him,
They threaten him, they tell him that under penalty
Of being hanged, of being put to death
On a gallows, his power must
Manifest itself before the end of the day.
From that very hour, you are brought face to face,
Our demon and his exorcist.
The Prince is a spectator of such combat.
Everyone rushes there; no man, son of a good mother,
fails to leave all affairs to witness it.
On one side, there is the gallows and the scaffold,
one hundred thousand well-counted ecus on the other side.
Matheo trembles and eyes the finances.
The cunning spirit, seeing his demeanor,
laughs to himself, citing the three times
that Matheo sweated in his armor,
urging, pleading, conjuring with tears.
All in vain: the more alarmed he is,
the more the other laughs. Finally, the peasant says
that he has no credit with this devil.
He is grabbed and taken to the gallows.
As he was about to address the audience,
necessity suggests this trick to him:
he whispers to have the drum beaten,
which is done; upon hearing it, the wicked spirit,
somewhat surprised, asks the peasant, "What is this noise, rascal? What do I hear?"
The peasant replies, "It is Madame Honnesta,
who demands your presence and is going throughout the world,
seeking the husband that Heaven gave her."
Immediately, the devil takes flight,
fleeing to the depths of Hell and recounts
the success of his journey: "Sire," he says,
"the knot of marriage damn as surely as any other state.
Your Highness sees them fall down here on earth,
not like snowflakes, but as fine as rain,
those whom Hymen incorporates into his brotherhood.
I myself have examined the case.
Not that the thing is not good in itself;
it once had a happier destiny,
but see how everything corrupts in the end;
a more beautiful flower is not in your crown."
Satan believed him and rewarded him,
even though he had returned ahead of time;
for what could he have done?
It was no wonder that, constantly having a devil in his ear,
always the same and always in the same tone,
he was forced to take to the narrow street;
in Hell, one even changes streets;
the other punishment, in my opinion, is more cruel.
I would like to see some saint endure it.
It would have driven Job's mind crazy.
What do I intend to infer from all this?
Firstly, I know no worse thing
than changing one's dwelling into a prison;
secondly, if for some reason
your ascendant exposes you to marriage,
do not marry an Honnesta, if you can help it;
not everyone who wants to be an Honnesta can be one.
XII.27 BELPHEGOR
Jean de La Fontaine - Fabeln
Eine neue Geschichte aus Machiavelli
Eines Tages hielt Satan, der Monarch der Hölle,
eine Parade seiner Untertanen ab.
Dort waren alle unterschiedlichen Stände durcheinander,
Fürsten und Könige sowie das gemeine Volk,
Sie vergossen viele Tränen und erhoben viele Klagen,
So sehr, dass Satan davon verwirrt war.
Als er an jeder Seele vorbeiging, fragte er,
"Wer hat dich in die ewigen Flammen geworfen?"
Die eine sagte: "Ach! Es ist mein Ehemann";
Ein anderer antwortete sofort: "Es ist meine Frau."
So oft wurde dieser Dialog wiederholt,
Dass Satan schließlich in einer Vollversammlung sagte:
"Wenn diese Leute die Wahrheit sprechen,
Ist es einfach, unseren Ruhm zu steigern.
Wir müssen es nur überprüfen.
Dafür müssen wir einen Dämon schicken,
der voller Kunst und Klugheit ist
und der nicht nur sorgfältig beobachtet
alle Ehen, die er Zeuge wird,
sondern auch seine eigene Erfahrung einbringt."
Nachdem der Prinz sein Urteil vorgeschlagen hatte,
stimmte der dunkle Senat einstimmig zu.
Belphegor wurde sofort ausgewählt.
Dieser Teufel hatte scharfe Augen und Ohren,
ein großartiger Beobachter, wunderbar scharfsinnig,
fähig, letztendlich alles zu durchdringen
und die Untersuchung bis zum Ende voranzutreiben.
Um die Kosten der Mission zu decken,
erhielt er viele und viele Verzögerungen,
alle im Blick und an verschiedenen Orten,
damit er sie über Korrespondenten erreichen konnte.
Was den Rest betrifft, menschliche Schicksale,
die Güter, die Übel, die Freuden und Leiden,
kurzum, das, was unserer Bedingung folgt,
waren ein Anhang zu seiner Delegation.
Er konnte sich vor Leid bewahren
durch seine Tricks und seine List,
aber er konnte nicht sterben oder seine Heimat wiedersehen,
bis er eine bestimmte Zeit hier verbracht hatte:
Seine Mission sollte zehn Jahre dauern.
So machte er sich auf und überquerte
das, was der Himmel als Raum vorgesehen hatte
zwischen dieser Welt und der ewigen Nacht;
Er brauchte nicht viel Zeit, ein Moment führte ihn.
Unser Dämon ließ sich in Florenz nieder,
einer Stadt damals von Luxus und Aufwand.
Er glaubte sogar, dass sie sich für seine Geschäfte eignete.
Dort, unter dem Namen Lord Roderic,
richtete er sich ein, ausgestattet wie ein reicher Mann,
ein großes Haus, eine große Gefolgschaft, zahlreiche Menschen,
und jeden Tag rechnete er mit der Summe,
die er erst in zehn Jahren ausgeben sollte.
Die Menschen waren von solchem Festmahl erstaunt.
Er veranstaltete Feste und hatte Menschen auf allen Seiten,
auf seine Kosten, sei es für seine Vergnügungen
oder für Prunk und Pracht.
Einer der Vergnügen, in das er am meisten investierte,
war Lob: Apollo pries ihn,
denn er ist ein Meister in der Kunst der Schmeichelei.
Der Teufel hatte in seinem Leben noch nie so viele Ehren erhalten.
Sein Herz wurde zum Ziel aller Pfeile,
die Amor abfeuerte: Es gab keine Schönheit,
die nicht alle ihre Reize einsetzte,
um ihn zu gewinnen, egal wie wild sie war:
Denn eine einzige Widerspenstige zu finden,
ist bei Menschen, deren Hände mit Geschenken alle Wege ebnen,
nicht Mode.
Es ist ein nützlicher Hebel in allen Plänen.
Ich habe es bereits gesagt und sage es erneut:
Ich kenne keinen anderen Hauptantrieb
im Universum als Geld und Gold.
In der Zwischenzeit behielt unser Gesandter den Überblick
über jede Ehe in verschiedenen Zeitschriften.
Eine, über zufriedene und glückliche Ehepartner,
so wenig gefüllt, dass selbst der Teufel sich schämte.
Die andere Zeitschrift wurde sofort voll.
Schließlich blieb Belphegor nur noch eine Sache übrig:
es selbst zu erleben.
Eine bestimmte Frau war damals in Florenz;
schön, gut geformt und mit wenigen anderen Schätzen;
auch vornehm, aber mit äußerstem Stolz;
und noch mehr, weil etwas Tugend
mit einem solchen Stolz geschmückt schien.
Sie stellten die Anfrage für Roderic.
Der Vater sagte, dass Madame Honnesta,
so lautete ihr Name, bis dahin
viele Bewerber hatte, aber unter der Gruppe
würde sie Roderic wohl bevorzugen,
und er bat um Bedenkzeit.
Sie waren einverstanden. Der Verehrer bemühte sich,
diejenige zu gewinnen, auf die seine Wünsche gerichtet waren.
Partys und Bälle, Serenaden, Musik,
Geschenke, Festessen stimulierten stark,
erschöpften stark die Mittel der Botschaft.
Er beschwerte sich nicht, nutzte sie wie ein großer Lord,
erschöpfte sich in Geschenken: die andere überzeugte sich
davon, dass sie ihm noch große Ehre erwies.
Schließlich erhielt er nach vielen Gebeten
und allen möglichen Gesten
ein Ja von Madame Honnesta.
Zuvor ging der Notar dort hin:
Was Belphegor in seiner Seele verspottete:
"Hey, was", sagte er, "man erwirbt eine Frau
wie eine Burg! Diese Leute haben alles ruiniert."
Er hatte Recht: Nehmen Sie von den Menschen weg
einfaches Vertrauen, und das Beste verschwindet.
Wir, arme Menschen, werfen uns selbst
in Rechtsstreitigkeiten und nehmen die Kehrseite.
Die Wenns, die Fälle, die Verträge sind die Tür,
durch die Streitigkeiten in die Welt gelangen:
Lasst uns nicht hoffen, dass sie jemals verschwinden werden.
Zeremonien und Gesetze verhindern nicht,
dass es mit der Ehe Streit gibt.
Nur das Herz kann Ruhe bringen.
Das Herz macht alles, der Rest ist nutzlos.
Wenn dem nicht so wäre, sehen wir uns andere Zustände
Ich nenne eine gute, sogar eine perfekte Ehe,
wenn die Ehepartner einander ihre Dummheiten ertragen.
In dieser Hinsicht ist es durchaus vernünftig.
Sobald der Teufel seine Braut mit nach Hause gebracht hatte,
urteilte er selbst,
wie die Ehe mit einem solchen Dämon ist:
Immer Streit, immer irgendwelche Predigten
voller Torheit in höchstem Maße.
Der Lärm war so groß, dass Frau Honnesta
mehr als einmal die Nachbarn aufweckte;
mehrmals rannte man zum Lärm:
"Sie brauchte wohl eine einfache Bürgerliche,
sagte sie: Ein kleiner Händler,
der Mädchen meines Standes so behandelt!
Verdient er eine derart tugendhafte Frau?
Ich bin zu gewissenhaft in meiner Pflicht:
Ich bereue es, und was, wenn ich das Richtige getan hätte..."
Es ist nicht sicher, dass Honnesta nichts getan hat:
Diese prüden Leute machen uns viel vor.
Nach der Geschichte zu urteilen,
stritten unsere beiden Ehepartner keinen Moment lang nicht.
Oft basierte ihr Krieg auf
Spielen, Röcken oder irgendeinem Möbelstück,
sei es für den Sommer, Winter oder dazwischen,
eine Welt von Erfindungen, um alles zu verderben.
Der arme Teufel hatte Grund zur Reue,
zum tiefen Wohnsitz der anderen Hölle.
Um es abzurunden, heiratete Roderic
Madame Honnestas Verwandte,
ständig beschäftigt mit dem Vater, der Mutter,
der älteren Schwester und dem jüngeren Bruder,
die ältere Schwester mit seinem eigenen Geld verheiratend,
und den Lehrer für den Jüngeren bezahlend.
Ich habe nicht die Hauptursache erwähnt
seines Ruins, ein unvermeidlicher Unfall;
und ich habe vergessen, dass er einen Verwalter hatte.
Ein Verwalter? Was ist das für ein Ding?
Ich definiere dieses Wesen als ein Tier,
das, wie man sagt, weiß, wie man im trüben Wasser fischt,
und je schlechter das Glück seines Herrn,
desto mehr wächst sein eigenes, sein Gewinn verdoppelt sich,
bis zu dem Punkt, an dem er leicht kaufen könnte,
was dem Herrn klar bleiben würde,
daher vernünftig und angemessen hergeleitet,
könnte man alles auf seinen ursprünglichen Zustand zurückführen,
falls eines Tages der andere selbst zum Verwalter wird,
denn indem er zurückgewinnt, was er als Herr hatte,
würden beide zu ihrem ursprünglichen Zustand zurückkehren.
Die einzige Hoffnung des armen Roderic,
seine einzige Hoffnung, war ein bestimmter Handel,
den er behauptete, seine Börse zu füllen,
eine zweifelhafte Hoffnung, eine unsichere Ressource.
Es war bestimmt, dass alles fatal sein würde
für unseren Ehemann, also ging alles schief.
Seine Agenten, wie die meisten von uns,
nutzten ihn aus: Er verlor ein Schiff,
und sein Geschäft ging bergab,
betrogen von einigen, schlecht bedient von anderen.
Er lieh sich Geld. Als es Zeit war zu zahlen,
und er den Gläubiger an seiner Tür sah,
musste er durch Flucht ausweichen,
in die Felder rennen, wo er vor der erbarmungslosen Verfolgung
bei einem bestimmten Bauern Zuflucht fand,
in einer bestimmten Ecke, die mit Mist befestigt war.
An Matteo, das war der Name des Herrn,
Ohne viel Umschweife enthüllte er, wer er war;
Dass ihn ein doppeltes Übel quälte,
Seine Gläubiger und seine noch schlimmere Frau;
Dass er keine andere Lösung sah, als in
Menschenkörper einzutreten und sich darin zu schützen,
Stand zu halten: Würden sie ihn dort finden?
Frau Honnesta würde sie kommen und verkünden,
Dass sie es bedauert, sich gut zu beherrschen? Eine mühsame Angelegenheit, von der er genug hat.
Dass er aus diesen Körpern dreimal herauskommen würde,
Sobald Matteo ihn darum bitten würde;
Dreimal, nicht mehr, als Belohnung
Dafür, dass er ihn vor den Gerichtsvollziehern schützte.
Sofort beginnt der Botschafter
Mit großem Getöse in Menschenkörper einzutreten.
Was mit seinem, dieser phantastischen Schöpfung, geschah,
Davon erzählt die Geschichte nichts.
Sein erster Versuch war ein einzigartiges Mädchen,
Wo sich der Galan ziemlich wohl fühlte;
Aber Matteo ließ sie gegen eine hohe Summe Geld gehen,
Sobald er das erste Wort sagte.
Es war in Neapel, er ging nach Rom;
Er ergriff einen Körper: Matteo verbannte ihn,
Er trieb ihn wieder heraus: eine weitere neue Summe.
Schließlich, dreimal, immer aus einem weiblichen Körper,
Beachte gut, kam unser Teufel heraus.
Zu dieser Zeit hatte der König von Neapel eine Tochter,
Die Ehre ihres Geschlechts, die Hoffnung ihrer Familie;
Viele junge Prinzen umwarben sie.
Dort, mit Honnesta, fand Belphegor Zuflucht,
Sie konnten ihn nicht aus diesem Asyl herausbringen.
Auf dem Land und auch in der Stadt verbreitete sich das Gerücht
Über einen Bauern, der Geister jagte.
Zu Beginn wurden ihm hunderttausend Écus versprochen.
Sehr betrübt, diese Summe zu verpassen
(Denn diese drei Male hinderten ihn daran zu hoffen,
Dass sich Belphegor besänftigen lassen würde),
lehnte er es ab: Er betrachtet sich als armen Mann,
Einen armen Sünder, der ohne zu wissen wie,
Ohne himmlische Gaben, nur durch Zufall,
Einigen Teufeln aus einigen Körpern vertrieben hat,
Anscheinend schwach und elend,
Und erkennt diesen hier überhaupt nicht.
Er kann sagen, was er will; sie zwingen ihn, sie bringen ihn,
Sie bedrohen ihn, sie sagen ihm, dass unter Strafe
Des Gehängtwerdens, des Todes,
Auf einem Galgen, seine Kraft
Sich vor Ende des Tages offenbaren muss.
Ab dieser Stunde stehen Sie sich gegenüber,
Unser Dämon und sein Beschwörer.
Der Prinz ist ein Zuschauer dieses Kampfes.
Jeder rennt dorthin; kein Mann, der aus gutem Hause ist,
verpasst es, alle Angelegenheiten zu verlassen, um es zu sehen.
Auf der einen Seite sind der Galgen und das Schafott,
auf der anderen Seite einhunderttausend gut gezählte Taler.
Matheo zittert und beäugt die Finanzen.
Der listige Geist, der sein Auftreten bemerkt,
lacht insgeheim, verweist auf die drei Male,
in denen Matheo in seiner Rüstung geschwitzt hat,
drängt, fleht an, beschwört mit Tränen.
Alles umsonst: Je mehr er in Alarmbereitschaft ist,
desto mehr lacht der andere. Schließlich sagt der Bauer,
dass er diesem Teufel keinen Kredit gebe.
Man packt ihn und bringt ihn zum Galgen.
Als er sich an das Publikum wenden wollte,
schlägt ihm die Not diesen Trick vor:
Er flüstert, dass die Trommel geschlagen werden soll,
was getan wird; beim Hören fragt der böse Geist,
etwas überrascht, den Bauern: "Was ist das für ein Lärm, Schurke? Was höre ich da?"
Der Bauer antwortet: "Es ist Madame Honnesta,
die deine Anwesenheit verlangt und durch die ganze Welt geht,
um den Ehemann zu suchen, den ihr der Himmel gegeben hat."
Sofort nimmt der Teufel Reißaus,
flieht in die Tiefen der Hölle und erzählt
den Erfolg seiner Reise: "Herr," sagt er,
"die Ehe verdammt genauso wie jeder andere Zustand.
Eure Hoheit sieht sie hier auf der Erde fallen,
nicht wie Schneeflocken, sondern so fein wie Regen,
diejenigen, die Hymen in seine Bruderschaft aufnimmt.
Ich selbst habe den Fall untersucht.
Nicht dass die Sache an sich nicht gut wäre;
sie hatte einst ein glücklicheres Schicksal,
aber seht, wie alles am Ende verdirbt;
eine schönere Blume ist nicht in eurer Krone."
Satan glaubte ihm und belohnte ihn,
obwohl er vorzeitig zurückgekehrt war;
denn was hätte er tun sollen?
Es war kein Wunder, dass er, ständig einen Teufel im Ohr,
immer derselbe und immer im gleichen Ton,
gezwungen war, die enge Straße zu nehmen;
in der Hölle wechselt man sogar die Straßen;
die andere Strafe ist meiner Meinung nach grausamer.
Ich möchte sehen, wie ein Heiliger das aushält.
Es hätte den Verstand des Hiob verrückt gemacht.
Was beabsichtige ich aus all dem zu schließen?
Erstens kenne ich nichts Schlimmeres,
als seine Behausung in ein Gefängnis zu verwandeln;
zweitens, wenn aus irgendeinem Grund
dein Schicksal dich der Ehe aussetzt,
heirate keine Honnesta, wenn du es vermeiden kannst;
nicht jeder, der eine Honnesta sein will, kann es sein.
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